Samedi 1er décembre 2018, 23h15, 6 000 trailers sont sur la ligne de départ de la SaintéLyon et entament un clapping sous les ordres du speaker.

C’est la 65ème édition de la SaintéLyon. Une édition anniversaire qui rassemble toutes les difficultés des précédentes éditions et qui sera la plus longue de l’histoire : 81 km et 2100 m de dénivelé.

De mémoire de coureur, c’est aussi la plus pluvieuse. Et comme le circuit comprend 70 % de sentiers et 30 % de routes, la course va se transformer en Thalasso avec bain de boues.

Certains feront ce jeu de mots : « c’est parti jusqu’au boue de la nuit ! »

La SaintéLyon. Le plus vieux trail de France. J’en rêvais et pour moi c’est une première.

En cette année 2018 où je m’étais fixé comme objectif de devenir ultra marathonien trois fois, cette compétition doit clore ma saison. Après les 100 km de Steenwerck et le Trail de la Côte d’Opale 62 km, je m’attaque à cette épreuve mythique. Départ de nuit, dénivelé important, conditions météo difficile. Tout est fait pour en baver.

C’est ce que disait un organisateur de la course, décédé en novembre 2017 : « les coureurs viennent à la SaintéLyon pour en chier, et bien, ils vont en chier !». Et pour cette 65ème, il nous a gâté.

Ce monsieur s’appelait Alain Souzy et c’était le traceur officiel de la course. Et je dois vous avouer que malgré tout le respect pour sa personne, que j’ai eu pendant la minute d’applaudissements en sa mémoire, il m’est arrivé de le haïr à certains moments de la course. Je sais, ce n’est pas bien mais je suis un homme et pas encore un surhomme.

Malgré toutes ces difficultés annoncées, malgré les doutes sur ma préparation entamée par une élongation à soigner et zéro travail en côte (j’habite dans le plat pays des Hauts de France dont le plus sommet culmine à 164 m !), je comptais sur mon mental. Et justement, début novembre, j’ai vu dans un article sur le compte Facebook de la course, la photo de la médaille. Et je ne désirais alors qu’une chose : l’avoir à mon cou un mois plus tard. Même à quatre pattes, j’allais terminer cette course…

Revenons aussi quelques mois avant. C’est en début d’année que nous avons eu l’idée de participer à cette course. Nous, c’est Serge et moi. Serge, c’est mon compagnon de la Transbaie que nous courons déguisés chaque année et c’est aussi à cause de lui que je suis devenu accroc au Running !

Pour la SaintéLyon, nous avons évoqué le défi fou de le faire en mode barbare. C’est-à-dire, prendre le TGV Lille-Lyon le samedi. Retirer le dossard à Lyon et prendre une navette pour saint Etienne. Courir la nuit et le dimanche matin. Prendre une douche et rentrer en TGV à Lille dimanche soir. Pas besoin de chambre d’hôtel. Pas besoin de restaurant sur place puisque les ravitos nous fourniront la nourriture.

Et devinez ? c’est exactement ce que nous avons fait. Et en plus, 2 compagnons du club de Serge se sont joints à nous : Christine et Robert. Et là, c’est un avantage de courir cette épreuve à plusieurs. Car par le plus grand des hasards, les hommes se sont retrouvés au KM 50 et Christine nous a rejoint autour du KM 60. Ce qui a permis de refaire deux duos : un rapide et un moins rapide ! Devinez dans lequel j’étais ? En tout cas grâce à Robert, j’ai trouvé le temps moins long. Car finir en marchant, c’est long, très long… Merci mon frère de sang de SaintéLyon.

L’échelle de temps est formidable : il me faudra 3h pour faire Lille Lyon en TGV et 16h05 pour relier Saint Etienne à Lyon ! Cherchez l’erreur ? c’est moi, peut-être !

Parlons un peu du parcours. Prenez des sentiers de terre, mélangés avec des torrents de pluie ; Le tout étant malaxé par environ 12 000 pieds et vous obtenez une épaisseur de boues variable entre 3 et 10 cm tout au long du parcours.

Pendant la course, je pensais à mon ami Serge qui a fait une erreur de débutant. Il a pris une seule paire de baskets qu’il portait aux pieds. Ce qui signifiait l’obligation de les nettoyer à l’arrivée et la désagréable sensation de rentrer en tarin avec des chaussures mouillées aux pieds !

Voici les attractions du parcours :

  • Ligne de départ à saint Etienne : départ toutes les 15 minutes de 1500 coureurs. Même si c’est un peu long pour les dernières vagues, l’ambiance est au top.
  • Pendant la course, retournez-vous et admirer le balai des frontales dans la nuit. Tout en faisant attention où vous mettez les pieds car une entorse est vite arrivée sur ce type de chemin.
  • Le passage à Sainte Catherine où les rafales de vent vous glacent. Normal, plusieurs heures que vous êtes trempés jusqu’aux os !
  • La montée du Rampeau : 750 m de long et 180 m de dénivelé positif avec ses 20 % de moyenne. Si vous avez déjà vu des films de guerre, avec des soldats qui galèrent à monter une colline, cela ressemblait un peu à ça, les armes en moins !
  • Le Signal, tiens on se croirait en montagne avec un tel nom. Normal, c’est le point culminant du parcours : 934 m au KM 42,5. La moitié de la course est faite. « Maman, on rentre à la maison ! »
  • Le Chemin de Montray et ses 18%. Ne faites pas votre difficile puisque c’est du bitume ici. Sauf que c’est à 5 km de l’arrivée et que vous êtes saturé des montées.
  • Les escaliers de la montée du Grapillon. Ne râlez pas car vous allez les descendre… avec difficulté aussi. Décidemment, jamais contents ces trailers !
  • Entrée triomphale dans la Halle Garnier et passage sous l’arche lumineuse avec le slogan de la course : « La SaintéLyon pour les amateurs éclairés »

Et il y a aussi les rencontres improbables comme ce coureur déguisé en Don Camillo ! Et en plus, il joue de la mandoline en courant et en chantant. Il s’appelle Père Philippe et nous chante « Emmenez-moi » du grand Charles Aznavour tout en me doublant dans la montée ! Comme disait la Sœur qui l’accompagnait « il respire par l’anus ! ». Mon dieu, les voies du Seigneur sont impénétrables ! Comme je savais que vous ne me croirez pas, j’ai pris une photo. Mais elle est trouble. Désolé !

A savoir, pour courir la Saintélyon, l’organisateur impose une liste obligatoire de matériel :

  • Le gobelet personnel car il n’y a pas de gobelet jetable sur les ravitos
  • Une réserve d’eau qui permet d’avoir en réserve entre 2 ravitos
  • Une couverture de survie qui permet de « survivre » en cas d’abandon
  • Un sifflet
  • Un téléphone portable
  • Une frontale et une batterie ou des piles de rechange

A cette liste, je vous conseille de prendre un peu de linge sec comme une paire de chaussettes, un haut et un vêtement anti pluie ou un poncho léger. Ne faites pas la même erreur que moi : mettez vos affaires dans des poches plastiques zippées pour qu’elles restent au sec en cas de pluie comme c’était le cas en 2018. Résultat pour moi : j’ai porté du linge à rien, qui plus est, alourdi avec le poids de l’eau !

Pour courir, il faut se protéger les extrémités avec un bonnet ou un bandeau et des gants. Et de nombreux coureurs ont des capuches qui permettent de bien protéger la tête.

Bien sûr au moins deux couches en haut et un bas approprié.

L’organisation est vraiment topissime. Ils vous envoient même un questionnaire de satisfaction après la course. Je n’ai jamais vu une remise de dossard aussi rapide car on vous attribue le numéro au moment du retrait. Le village expo Trail qui a lieu le samedi à la Halle Tony Garnier est bien proportionné entre vendeurs de matériels et promoteurs de trails.

Le service navette pour Saint Etienne est un supplément de 13 € et vous emmène en une heure à la salle Expo de Saint Etienne où vous attendez au chaud et à l’abri le moment du départ.

Le système de consignes est bien organisé avec juste un bémol sur le manque de surveillance des sacs à Lyon (ne laissez pas d’objets de valeurs à l’intérieur).

Les ravitos sont bien fournis. Et la douche à l’arrivée est un luxe de confort qui permet de repartir en étant sec et propre.

Les cadeaux comme le bonnet Odlo, la médaille I-run et le teeshirt BV sport sont de précieux trophées.

La réussite de cet évènement tient bien sûr au dévouement et à la sympathie des bénévoles. Un grand merci d’avoir bravé les éléments météo, d’avoir gardé le sourire et d’avoir encouragé les coureurs.

Un grand merci aussi aux rares supporters qui ont veillé la nuit, autour de feu de camp souvent.

Est-ce que je vous conseille la SaintéLyon ?

C’est un grand oui. « Ça J’achéte ! » comme dirait M. Généreux. Chaque année, le parcours a des variantes différentes. D’une année à l’autre, les conditions météo sont différentes (l’année dernière, c’était neige et verglas). Heureux les Lyonnais et Stéphanois qui peuvent la courir chaque année. Vous avez une belle course. Longue vie à la SaintéLyon !

Au fait, je ne vous ai pas dit : « JE SUIS FINISHER DE LA SAINTELYON ! ».

La Mythique SaintéLyon

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