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Début septembre il fait souvent encore beau sur la côte du Pas-de-Calais même si les températures commencent à baisser un peu. C’est la date idéale pour organiser un trail, se sont sans doute dit à l’origine, les organisateurs du Trail de la Côte d’Opale (TCO). La première édition date de 2007 et ce trail s’est vite imposé comme un évènement phare de course nature au nord de Paris. Aujourd’hui, l’engouement est national et même international car ce sont 7 000 coureurs de 37 nationalités qui se sont donnés rendez-vous à Wissant pour la 12ème édition en 2018.

Nous allons voir les particularités de cette manifestation dans un instant.

D’abord, il faut dire que ce coin de France possède de nombreux atouts touristiques et venir ici en prenant quelques nuitées d’hébergement avant la course permet de s’offrir un week-end fort agréable. En effet, c’est facile de trouver un camping, un gîte ou un hôtel dans les environs de Wissant. C’est aussi possible de s’éloigner vers Wimereux, à 30 minutes de Wissant en voiture.

Les stations du front de mer ont toutes une élégance différente. Wissant est un petit village plein de charme. Wimereux est plus grand et offre une belle digue avec ses cabanes de plages. Il y a une rue commerçante et la ville a quelques bons restaurants. De plus, ici les façades des maisons sont splendides.

Et il y a la très chic station du Touquet – Paris Plage, avec son marché du samedi matin, ses rues animées. On comprend pourquoi le Président Macron et son épouse aiment y venir.

Côté nature, il y a les sites des 2 caps : Le cap Gris Nez qui est le point le plus proche des côtes anglaises (27 km) et le cap Blanc Nez qui marque la délimitation entre la manche et la mer du Nord.

Wissant se trouve entre les 2 caps. Par temps clair, on aperçoit les falaises anglaises.

Vous voulez vous immerger dans la nature, alors suivez un sentier côtier vallonné qui vous fera prendre de la hauteur. Et les vues sur la mer offrent différentes nuances de bleus. Traverserez des paysages de dunes. Dans les dunes de Slack, on se croirait dans les Landes ! Arpentez courageusement les plages de galets. A marée basse, marchez, franchissez les flaques et marchez encore pour aller tremper un pied dans l’eau des premières vagues.

La période a aussi l’avantage d’être éloignée de l’affluence des mois d’été. Ces balades vont apporteront à coup sûr du bien.

Et côté gastronomie, entre les plats de poisson, les plats traditionnels du nord accompagnés de frites et les gaufres arrosés avec de bons beuvrages, vous aurez l’embarras du choix.

Voilà donc pour la carte postale.

Maintenant parlons course. Le trail comprend pas moins de 10 épreuves réparties sur le samedi et le dimanche. C’est donc une ambiance festive qui déferle sur le village de Wissant durant tout le week-end.

Il y a une course enfants le samedi en début d’après. Les 7, 14 et 24 km se déroulent le samedi après-midi.

Le dimanche, le 62 km part à 8h00 et les autres courses : 11, 21, 31 et 42 km à 9h30.

Il y a aussi un challenge 88 km, c’est-à-dire que vous participez au 24 km le samedi et au 64 km le dimanche. Un vrai défi !

Tous les départs de course se font sur la plage de Wissant et les arrivées au centre du village, sur la place à côté de l’église et du village trail.

Il y a quelques années, j’avais participé deux fois sur des distances qui avoisinaient les 20 km. Et cette année 2018 marque pour moi la découverte des ultra marathons. Donc après les 100 km de Steenwerck en mai, je voulais confirmer en m’inscrivant au 62 km. Et 62 pour un trail situé dans le Pas-de-Calais, le 62ème département de France, ça me paraissait normal.

Le samedi, j’ai récupéré mon dossard et mon tee-shirt à la tente situé au village trail au pied de l’église, sur la place de Wissant.

Dans le monde du trail, il y a une règle, celle qui veut que les organisateurs vous offrent généralement plus que prévu : plus pentu, plus de dénivelé, plus glissant, plus froid, plus chaud ou plus long. Il faut un « plus… », sinon ils ne sont pas satisfaits. Cette fois, c’est plus de kilomètres que la distance officielle : deux en plus pour raison de grandes marées et de modification de parcours. En réalité, à ma montre GPS, j’aurai encore 600 m en plus… Quand on aime, on ne compte plus…

Je savais donc que j’allais en avoir plein les jambes mais j’en ai pris plein les yeux aussi.

Dimanche matin, le départ est donné sur la plage, direction le cap Blanc Nez 5 km après. Il y a son ascension. Ce sera la première difficulté en termes de dénivelé car d’autres monts vont se succéder sur les 20 premiers kilomètres. Le dénivelé positif total est de 1450 m, pas mal pour un pays réputé plat ! Dans les montées, j’observe que tout le monde marche pour s’économiser. Dans

les descentes, je ne résiste pas à lâcher les chevaux car j’adore ça.

Sur les hauteurs, on a souvent de superbes points de vue sur les blanches falaises anglaises et la mer se colorie de différentes nuances de bleu. Il faut dire que nous avons la chance d’avoir une belle météo, pas trop chaud et une belle lumière.

Qui dit trail, dit règles spécifiques en matière de ravitaillement et aussi de protection de la nature. L’organisateur demande de

s’équiper d’une poche à eau ou de gourde d’au moins un litre, de se munir d’un gobelet et d’avoir une couverture de survie ou un coupe-vent. Comme le parcours est essentiellement en pleine nature et pour partie en zone protégée, il demande aussi de garder les déchets (tubes de gel vides, bouchons…) sur soi jusqu’aux poubelles des différents points de ravitaillement.

Pour le 64 km, il y a un ravito tous les 20 km environ, donc une réserve d’eau d’un litre et demi est effectivement nécessaire pour survivre, surtout après midi où le soleil tape un peu plus fort.

En ce qui concerne le gobelet, les bénévoles font respecter la règle en interdisant de boire à la bouteille et en faisant eux-mêmes le service. Cette règle permet d’éviter de piétiner un lit de déchets de gobelets ou de petites bouteilles comme on le voit sur les 10 km, semi ou marathons.

L’interdiction de jeter des déchets est naturelle et bien respectée par les trailers, respectueux de leur beau terrain de jeu.

Quant à la couverture de survie, je n’en ai pas eu besoin car la météo était clémente et je n’ai pas eu de défaillance. Mais chacun sait que l’on se refroidit vite en marchant, d’autant plus s’il y a du vent. Alors, une couverture glissée entre la poche d’eau et le sac de mon Camel bak m’a permis d’avoir l’esprit tranquille de ce côté-là.

A un endroit, les parcours des différentes courses se rassemblent et les coureurs partis à 9h30 rejoignent ceux partis à 8h00. Cette rencontre permet d’amener un peu d’animation pendant la course, surtout que les coureurs du 62 se sont bien étalés. De face la couleur des dossards permet de distinguer les distances. De dos, il y a un autre moyen de faire la différence : l’allure du coureur ! J’ai discuté avec un coureur du 21 km qui était à son 18ème km tandis que moi, j’étais à mon 28ème, puis nos chemins se sont séparés. Seuls les coureurs du 42 sont restés avec ceux du 62 pour affronter les dunes de Slack.

En effet, sur la deuxième partie du parcours, les passages sur les plages de galets et les dunes mettent à mal les chevilles et la moyenne kilométrique. En avançant à 4 ou 5 km/h, les espoirs de faire un bon temps disparaissent. Mais un pas après l’autre, les kilomètres défilent.

On passe au large du cap Gris Nez et de son phare. Dernier ravito au 58ème km et ultime barrière horaire.

Le dernier sentier côtier et descente sur la plage. Wissant est en vue. Plus proche que jamais mais encore loin tout de même. C’est une bonne surprise, la plage est en sable dur et permet de courir en mode jogging. Au large, des dizaines de Kite Surf offre un balai aérien magnifique. A l’approche du village, c’est un passage obligé de 400 mètres dans le sable mou des dunes pour rejoindre la digue de Wissant. 800 m jusqu’à l’arrivée au cœur du village, au milieu des encouragements du public. On ne pense plus à la fatigue et plus de doutes, on va finir. La sono résonne, le speaker annonce votre arrivée. Passage sous l’arche. Remise de la médaille du Finisher. C’est magique ! Ravito final où la bonne humeur des bénévoles et des coureurs se mélangent.

Voilà c’est fait en plus de 8 heures de course. La joie d’être arrivé. La joie d’avoir passé un week-end extra. Merci aux organisateurs, ce fut un vrai régal !

Donc, maintenant vous connaissez les secrets du TCO : quel que soit la distance, des paysages de cartes postales qui alternent entre les sentiers vallonnés, les dunes de sable, les plages en galets. Le tout orchestré par une organisation parfaite et des bénévoles dévoués et gentils. Sans oublier les trailers qui sont là en nombre.

Un régal, le Trail de la côte d’Opale

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