A la découverte de Lille aux secrets

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Avez-vous déjà visité Lille ?

Si oui, vous avez probablement apprécié cette ville avec sa grand place, ses rues du Vieux-Lille, sa citadelle Vauban…

Si vous deviez faire découvrir Lille à vos proches, vos amis, ce serait cool de connaître quelques anecdotes insolites pour les épater et rendre la visite plus amusante, non ?

Alors cet article est fait pour vous et je suis sur que vous allez y trouver votre bonheur.

Maintenant, partons pour ce voyage à la découverte de Lille aux secrets.

Circuit à la découverte de Lille aux secrets

Voici le circuit que j’ai dessiné pour vous emmener sur mes traces. Vous pouvez le faire en marchant, en courant ou en vélo.

Vous êtes libre de sélectionner les parties qui vous intéressent seulement car le parcours total fait environ 24 kilomètres. Il faut dire que j’ai voulu rendre un hommage à Sequedin, ma commune, qui touche Lille (depuis que Lomme est passé sous le fanion lillois), en y implantant les points de départ et d’arrivée.

Voici le parcours sur Openrunner :

1. SEQUEDIN LES BAINS

Lille tirerait son nom de sa situation géographique puisqu’au XIe siècle, ses premières habitations prenaient place sur une île au milieu de la Deûle.

Eglise Saint Laurent - Sequedin
Eglise Saint Laurent – Sequedin

Sequedin est née à la même époque grâce aux moines de l’Abbaye de Loos (devenue la prison de Loos). Les moines s’étaient fixés pour but d’assécher cette zone de marécage arrosée par les nombreux méandres de la Deûle et le passage de la Tortue qui prend sa source à Wavrin.

A Lille, comme à Sequedin, les conditions de vie étaient plutôt humides pour nos aïeuls !

Aujourd’hui, plus de crainte de voir la Deûle déborder car elle est canalisée et la construction de l’Autoroute A25 Lille-Dunkerque a stoppé l’écoulement de la Tortue en lui imposant une station de pompage vers la Deûle.

La seule chose qui persiste tient à la difficulté de voir le sens de son écoulement. Personnellement, je n’ai jamais su !

C’est sur les bases d’une chapelle bâtie par nos moines que l’Eglise Saint Laurent de Sequedin a été construite. Elle constitue encore aujourd’hui le centre historique de Sequedin comme l’atteste l’hôtel de ville qui lui fait face.

2. SEQUEDINGUE

Le pôle culturel Maurice Schumann et sa médiathèque et son agora présente un bel aperçu de Sequedin. Cet aperçu, c’est la chance d’avoir un village à la ville.

Sequedin
Médiathèque de Sequedin

Proche du centre commercial d’Auchan Englos et au milieu du territoire de la MEL (Métropole Européenne de Lille), Sequedin a su tirer certaines richesses en compensation des infrastructures qui lui ont été ou sont imposées : un axe ferroviaire, un noeud routier, une prison, un CVO…

Aux portes de la campagne des Weppes, elle est encerclée de communes beaucoup plus grandes.

Bref, c’est un peu le village des Gaulois au milieu des Romains.

Et la potion magique de Sequedin, c’est son tissu associatif : sportif, culturel, amical… tout le catalogue y est.

Blason de Sequedin

Sequedin est même jumelé avec Maureilhan à environ 1000 kilomètres au sud. Et quand le Nord rencontre le sud, Rosé et Bière coulent à flot pour arroser paëlla et moules frites.

Et maintenant le moment de pub pour l’association que je préside : L’Oxygène Sequedinois, asso de deux roues (cyclo et VTT) et de deux pattes (marcheurs et coureurs).

C’est aussi L’Oxygène qui organise les Parcours du Coeur dans la commune avec l’ambition de redonner vie à la Sequedingue dès que possible. Pour savoir ce que c’est la Sequedingue, cliquez sur ce lien :

3. EURATECHNOLOGIE

Euratechnologie, ou dis plutôt Euratech si tu veux être branché !

Branché, tu as intérêt à l’être, car derrière les murs du château de cette ancienne filature, se développe le prochain Google ou autre Facebook. On peut rêver, non ?

Euratechnologie
Euratechnologie

Mais c’est une vraie réussite car plusieurs milliers d’emplois dans le numérique sont concentrés ici et ce n’est pas fini d’après les grues qui continuent à fleurir.

https://www.euratechnologies.com/

Dire qu’autrefois, il ne fallait mieux pas tomber en panne dans le secteur !

4. LE COLYSEE DE ROME

Sur les berges de la Deûle, se dresse le Colysée, mais pas celui de Rome ( https://objectif-running.com/comment-cest-le-marathon-de-rome/ ). Entouré d’un bel espace libre de verdure, c’est un lieu de vie et d’animation de la ville de Lambersart.

Lambersart
Colyssée de Lambersart

C’est aussi un point de passage obligé pour traverser la Deûle car c’est ici qu’il y a une passerelle qui permet de rejoindre le parc de la Citadelle. Sinon, vous avez le choix de la nage…

5. LA REINE DES CITADELLES

VAUBAN

A savoir que Lille n’est française que depuis le règne de Louis XIV et encore, il a fallu qu’il s’y reprenne à 3 fois.

Alors pour éviter de perdre à nouveau la capitale des Flandres, sa Majesté a écouté son cher Marquis de Vauban qui lui a vanté la stratégie du pré carré. Autrement dit, consolider ses dernières prises par un réseau de citadelles imprenables.

Imprenables, elles l’étaient à cause de leurs douves qui se transformaient en marécages, et aussi à cause de leurs enceintes résistantes aux tirs d’artillerie et aussi de la géométrie de ses murs qui permettaient d’avoir l’ennemi sous différents angles de tir.

A Lille, Vauban a édifié la reine des citadelles en l’honneur de son roi qui trône sur la porte principale : la porte royale.

Plusieurs siècles après, cette citadelle a toujours une vocation militaire. Pendant longtemps, elle a accueilli le 43ème régiment d’infanterie. Aujourd’hui, c’est le Corps de Réaction Rapide de France de Lille qui occupe les casernements.

Aujourd’hui, les militaires doivent partager ce lieu avec les sportifs et aussi les pensionnaires du zoo de Lille, sans compter le Citaparc, mini parc d’attraction pour les petits.

Citadelle de Lille
Citadelle Vauban

SOUVENIRS

Autrefois, on entendait aussi les clameurs des supporters du Losc lorsque le club jouait au stade Grimonprez-Jorris, aujourd’hui rasé.

Sinon, il y a aussi un autre souvenir plus triste qui a marqué ces lieux avec l’exécution de résistants par les nazis. En levant les yeux, on peut lire les plaques commémoratives.

A l’entrée du parc côté Lille, on peut admirer un drôle de monument dédié au pigeon voyageur ! Après tout, quoi de plus normal qu’une terre de coulonneux pour rendre hommage à l’action des pigeons voyageurs morts pendant la première guerre mondiale et surtout à leurs propriétaires, les colombophiles, abattus pour avoir détenu ce moyen de communication.

Pour en savoir plus sur le parc de la Citadelle : https://parcdelacitadelle.lille.fr/propos-du-parc/patrimoine

6. DU HAUT DE CES FEUILLES, 150 ANS VOUS DOMINENT

Au niveau du square Ramponneau, si vous ne connaissiez pas son existence, vous passeriez probablement à côté tellement il se confond dans le paysage des bords de Deûle.

Il s’agit d’un arbre remarquable : un platane majestueux. Ses mensurations sont 25 mètres de haut et 6,5 mètres de circonférence.

Deûle

Il serait né en l’an 1870. A admirer aussi bien de l’autre côté de la Deûle qu’au niveau de son tronc côté boulevard. Respect.

Arbre remarquable

Sur mon selfie, on a l’impression de deviner deux yeux et un sourire. Qui a dit que les arbres sont vivants? Peter Wohlleben, je crois dans son fameux livre “La vie secrète des arbres” :

7. LE PONT NAPOLEON

Jamais deux sans trois ! Alors, espérons que le fameux dicton ne se répétera pas pour une fois car par deux fois, le Pont Napoléon fut détruit par les Allemands lors de la première et seconde guerre mondiale.

Il n’a été reconstruit qu’en 2014.

Pont Napoléon

Sur les piliers de ce pont, on peut lire le nom des fameuses batailles de Napoléon, sauf celles moins prestigieuses qui ont été effacées en 1850.

De chaque côté, son accès est gardé par des sphinges de 250 kg. Mi femmes, mi lionnes, ces créatures sont au pied des marches de ce qui est le seul pont piéton couvert de France.

8. MAISON NATALE DU GENERAL

“Lille, Lille outragé, Lille brisé, Lille martyrisé mais Lille libéré !”

Non, ces paroles ne sont pas celles du Grand Charles et il aurait bien été incapable de les prononcer en ce 22 novembre 1890 car c’est le jour de naissance du petit Charles dans la maison de ses grand parents maternels à Lille rue Princesse.

Maison natale du Général de Gaulle
Maison natale du Général de Gaulle

Plus qu’un musée, c’est une plongée dans l’histoire que vous offre la visite de ces lieux où Charles de Gaulle enfant venait régulièrement pour assister aux interminables repas de famille chez sa grand-mère. Déjà enfant, il s’assurait, lorsqu’il jouait aux soldats de plomb, de toujours avoir l’armée française, laissant à ses cousins les armées ennemies.

Outre le berceau de naissance, il faut découvrir les soldats de plomb, le cheval-jupon et les lieux restaurés en 2020 à l’occasion des 130 ans de sa naissance.

En conclusion, Lille est le berceau du Gaullisme.

https://www.lilletourism.com/musee-lille/maison-natale-charles-de-gaulle.html

9. JEANNE MAILLOTE

Au milieu de l’avenue du peuple belge, se dresse une statue qui passerait preque inaperçue et pourtant cette statue rend hommage à l’une des plus grandes légendes de Lille : JEANNE MAILLOTE.

Jeanne Maillote

Voici l’histoire de Jeanne :

Jeanne Maillote, est tenancière en 1582 du cabaret ” Le jardin de l’Arc”, siège des archers de la confrérie de saint Sébastien. A l’emplacement de l’actuel rang des arbalétriers, daté du XVIIe siècle, on trouvait le cabaret.

Depuis 1555, Lille et la Flandre font partie des Pays-Bas catholiques et entrent en conflit avec les Provinces unies du Nord, protestantes.

Nous sommes le dimanche 29 juillet 1582, profitant de la fête paroissiale d’un village voisin, des soldats confédérés (des protestants) venus de Menin ou de Courtrai se sont introduits déguisés avec des armes sous leurs vêtements. A la sortie des Vêpres, ils se réunissent et déferlent sur le faubourg de Courtrai. Jeanne Maillote mène alors la résistance et invite tous les hommes courageux à la suivre. Les archers galvanisés la suivent, les habitants des faubourgs aussi, et les femmes. Ils vont chasser les Hurlus de la ville.

Si l’existence de ce personnage n’est pas prouvée, la légende a eu du succès, suscitant des œuvres d’arts, des chansons populaires (un poème du chansonnier Alexandre Desrousseaux par exemple) et l’inauguration de la fameuse statue en 1935.

10. AU CABARET

Haut lieu de retrouvailles pour les ouvriers du port fluvial du Grand Rivage et des usines environnantes, le “Chat Barré” ou en ch’ti “Le Cat Barré” est un vestige de la grande époque des cabarets lillois.

Une hypothèse trouve là, la source du nom cabaret. Vrai ou pas, c’est amusant d’y croire…

Au milieu du XIXé siècle, la ville comptait 1 500 estaminets, un pour soixante habitants. C’était un lieu de vie où on se retrouvait en famille pour rire et chanter.

11. LE PORT DU GRAND RIVAGE

A cause d’une rupture de charge, la Deûle faisait des méandres et ne devenait plus navigable à l’endroit de la place du Général De Gaulle (place du Grand Marché d’autrefois). Les marchandises arrivaient sur les eaux de la Haute Deûle, l’actuel Quai du Wault. Elles étaient déchargées et portées par voie de terre jusqu’aux quais de la Basse-Deûle où un port avait été aménagé, le port du Grand Rivage.

Avenue du peuple belge
Avenue du peuple belge

Ce canal a disparu en 1930 sous Roger Salengro pour devenir l’avenue du peuple belge.

Des projets ont bien eu lieu pour redonner eau à ce canal mais les coûts sont trop pharaoniques.

12. JEANNE DE FLANDRE

Sur la façade de l’hospice Comtesse, vous pouvez voir 3 médaillons. Il y a le Médaillon des Flandres de Jeanne de Flandre, celui de son 1er mari le Portugal et celui de son second mari la Savoie.

Jeanne de Flandre a gouverné seule la région suite à la capture de son mari à la bataille de Bouvines. En effet, son mari, Ferrand de Portugal a choisi le mauvais camp en s’opposant au roi de France Philippe Auguste.

Jeanne a laissé son empreinte en faisant construire des hôpitaux, des abbayes et des béguinages.

Aujourd’hui sa mémoire perdure grâce à l’Hospice Comtesse qui est l’un des lieux remarquables du Vieux Lille, rue de la Monnaie et aussi grâce à la maternité moderne Jeanne de Flandre au CHU.

13. MOULIN SAINT PIERRE

Moulin Saint Pierre

Un mur de brique, voilà tout ce qu’il reste d’un moulin à eau actionné par les eaux du canal Saint-Pierre que la comtesse Jeanne de Flandre avait offert à l’Hospice Comtesse en 1237.

Au sol, entre l’hospice et la façade, on remarque un étroit plancher en lattes de bois. Il recouvre l’ancien canal Saint-Pierre.

A l’origine, la Deûle se séparait en deux bras au sud-ouest de la ville. L’un de ses bras, le plus long, contournait la Grand Place de ses eaux calmes.

L’autre, précipité par six mètres de dénivelé, se terminait par le canal Saint-Pierre. Celui-ci passait sous la rue de la Monnaie et, séparait alors en deux canaux, actionnait des roues à aubes de chaque côté du moulin avant d’aller se jeter dans la Basse-Deûle (l’actuelle avenue du Peuple-Belge).

Après un incendie au début du XXème siècle, le moulin fut détruit, à l’exception de ce mur de façade restauré en 1982 et repeint dans la couleur rouge de l’hospice Comtesse.

14. POUR ALLER A LA TREILLE

Pour se rendre à la Treille, on s’arrêtera pour acheter un Merveilleux chez Fred avant de déambuler au milieu des artistes de la place aux oignons.

Au passage, on note l’étroitesse de la rue Coquerez.

Et on débouche sur le parvis de la Cathédrale de la Treille. La Cathédrale inachevée pour laquelle il a fallu trouver un subterfuge en habillant sa façade d’un mur de marbre blanc en 1999. Marbre qui laisse filtrer la lumière du soleil et qui offre un spectacle magnifique de l’intérieur.

Cathédrale de la Treille
Cathédrale de la Treille

La construction de cette cathédrale a été décidée en 1854 pour offrir un écrin à la statue “miraculeuse” de Notre-Dame de la Treille. Elle fut appelée ainsi depuis le XIIéme siècle à cause du grillage qui la protège. Est-ce que la résille d’acier de la façade posée en 1999 est un clin d’oeil de l’architecte ?

Quant au culte de Notre-Dame de la Treille, il est tellement ardent au moyen âge, que de nombreux pèlerinages ont lieu. C’est naturellement que Philippe le bon, duc de Bourgogne, consacre la Vierge à la treille comme sainte patronne officielle de Lille en 1431.

15. PLACE DU LION D’OR

Avant d’arriver à la place du Lion d’Or, on suit les rues pavées du Vieux Lille et on ne peut qu’admirer la façade de l’Huitrière. Ancien restaurant de poissons réputé de Lille, où Pierre Mauroy était soi-disant interdit d’entrée à cause d’une trop grande ardoise.

La légende raconte également qu’il aurait mis à marée basse les réserves de la cave, tout comme celles de Matignon lors de son passage en tant que premier ministre. Vrai ou pas, cela contribue à la bonne réputation des gens du Nord. On l’aimait bien notre Gros Quinquin.

La place du Lion d’Or doit son nom à “l’Auberge du Lion d’or”, un important relais de poste marquant la fin du voyage en voiture de messagerie depuis Paris qui au début du XIXème siècle prenait 48 heures au fil de 29 auberges-relais.

Place du Lion d’or

Dans d’autres villes, la place du lion d’or est liée au jeu de mot : “la place du lit où on dort”, place qui contenait un hôtel.

16. RUE DE LA FAIM

A l’intersection de la rue d’Ostende et de la la rue de Gand, la légende orale raconte que c’est là que le P’tit Quinquin aurait été chanté pour la première fois.

Ensuite direction la rue de Gand qu’on pourrait appeler la rue de la Faim en opposition à la rue de la Soif, rues Solférino et Masséna.

Restaurants ici, bars à Wazemmes.

Et d’ailleurs, tout en haut de la rue de Gand, on retrouve encore un restaurant sur l’ancienne porte de la ville.

17. MUSEE DES CANONNIERS

Parce qu’elle refusait d’épouser un païen, sainte Barbe vivait séquestrée dans une tour par son père. Elle vit son bourreau frappé par la foudre alors qu’il s’apprêtait à lui trancher la tête et devint la patronne de “tous ceux qui manient le feu”.

Si je vous parle de Sainte Barbe, c’est pour en arriver à la confrérie de sainte Barbe fondée en 1483, issue d’une sorte de milice communale qui rassemble les archers, les tireurs d’épée et les canonniers depuis 1235.

Musée des canonniers
Musée des canonniers

Ils se distinguent lors du siège de 1792. En 1792, les canonniers sédentaires sont incorporés à la garde nationale. Mais Napoléon leur rend leur indépendance en 1803 pour les récompenser de leur bravoure. Il leur donne même l’ancien couvent des sœurs clarisses entre les rues des Canonniers et des Urbanistes et plusieurs canons d’honneur dont deux pièces aujourd’hui uniques au monde et visibles au musée dont l’idée remonte à 1848.

18. LOUISE DE BETTIGNIES

La Jeanne d’Arc du Nord. Un Poilu lui baise la main. Quelle scène incongrue. Louise de Bettignies est une héroïne de la première guerre mondiale surnommée “the queen of spies”.

Louise de Bettignies

Sous le nom d’Alice Dubois, elle a sacrifié sa vie pour fournir de précieuses informations aux britanniques sur les points sensibles des défenses allemandes.

Arrêtée probablement sur dénonciation, elle n’est pas exécutée car les allemands ne sont pas surs que c’est Alice Dubois. Elle est emprisonnée et jetée au cachot en janvier 1917 car elle refuse de fabriquer des pièces d’armements et incite ses compagnes à se révolter.

Fin septembre 1918, à quelques semaines de l’Armistice, Louise de Bettignies décède d’une pneumonie à l’Hôpital de Cologne.

19. LA PORTE DE ROUBAIX

Porte de Roubaix, nous sommes le samedi 29 septembre 1792, un officier autrichien apporte la lettre du Prince Albert de Saxe demandant la capitulation sans condition de la ville de Lille.

Le Maire André envoie les autrichiens… balader.

Porte de Roubaix
Porte de Roubaix

La porte de Roubaix, comme sa jumelle, la porte de Gand a été percée de 2 arcades supplémentaires en 1875 pour permettre le passage des trams dont on peut encore distinguer les rails.

20. L’ILE DERBORENCE

L’île Derborence

Les Lillois ont d’abord cru que le chantier n’était pas fini. Ce pâté de 2500 m² laissé à l’état brut.

Avec le temps, l’île Derborence s’est lentement garnie d’arbustes et le concept a pris forme. Il s’agit d’un site expérimental d’une tranche de nature surélevée et accessible aux seuls scientifiques.

Plantée de quelques essences venues d’Amérique du Nord, de Chine et du Japon, l’île est livrée aux graines portées par les vents.

Le Nom Derborence vient de d’une forêt de Suisse, une forêt primaire jamais exploitée par l’homme car inaccessible.

21. FRANCOIS MITTERAND

Pierre Mauroy voulut ainsi rendre hommage à celui qui avait favorisé ses desseins pour sa ville. L’emplacement et l’isolement de la statue semblent pourtant la desservir, en faisant preuve que l’on peut être un grand homme et paraître parfois bien petit.

22. LA BOTTE

Ceci n’est pas une botte de ski, quoique…

Est-ce un flipper géant ?

Non, il s’agit du “L” du Crédit Lyonnais qui réside dans ce bâtiment moderne et qui marque le nouveau quartier d’affaires de Lille.

23. TULIPES

Ces tulipes de Shangri-La ont fleuri à l’occasion de Lille 3000 et de ses merveilleuses métamorphoses.

Tulipes

Vu le climat, elles se plaisent bien à Lille et égaient le parvis utilisé par les voyageurs de la gare TGV Lille Europe. C’est la deuxième gare ferroviaire de Lille ouverte au service des voyageurs.

Un siècle et demi après la gare de Lille-Flandres, elle fut bâtie à l’occasion de la mise en service de la LGV Nord, et est entrée en service en avril 1994. Elle accueille en temps normal, autour de 8 500 voyageurs par jour.

24. LE TRIPO

Depuis Lille 2004, avec ses 9000 m2, le Tri Postal surnommé le TRIPO est devenu un lieu d’exposition d’art contemporain.

Le Tripo

25. LA GARE LILLE FLANDRE

La façade actuelle de la gare de Lille-Flandres est la façade originelle de la gare du Nord de Paris démontée et remontée à Lille.

La gare a un trafic de 80 000 personnes par jour. Elle est la première gare de province pour le trafic TER, et la deuxième tous trafics confondus.

Gare Lille-Flandres

Quai 9 : silence, on tourne ! Une scène de bienvenue chez les Ch’tis a été tournée ici. “Hein !”

26. RUE FAIDHERBE

La rue Faidherbe, ancienne rue de la Gare a été percée dès 1869 afin de faciliter l’accès à la Grand’Place depuis la nouvelle gare de voyageurs qui venait d’être achevée.

Rue Faidherbe
Rue Faidherbe

En 1914, la rue Faidherbe et le quartier environnant sont bombardés. Elle sera reconstruite quasiment à l’identique.

27. L’EGLISE SAINT MAURICE

L’église Saint Maurice est une église située rue de Paris, devenue rue Mauroy. Sa construction, débutée à la fin du XIVe siècle et achevée à la fin du XIXe siècle, s’étend sur plus de quatre siècles. Elle est classée monument historique depuis 1840.

Eglise Saint Maurice
Eglise Saint Maurice

Cette église est une miraculée. Car elle a survécu aux boulets autrichiens de 1792 et aux canons allemands de 1914 qui ont pourtant rasé le quartier sur neuf hectares.

Cette protection est attribuée à Sainte Barbe (voir plus haut au chapitre 17 l’histoire de la Sainte), la patronne de ceux qui manient le feu, dont la statue trône derrière l’autel.

28. LE PASSAGE DE L’ENDIABLEE Rue Gustave Delory

Ce lieu est lugubre. Les soir de grand vent, je vous assure qu’on entend les cris déchirants du fantôme de sœur Marie de Sains…

Rue des Brigittines

Nous sommes en 1608, il y a des évènements terribles qui troublent la vie du couvent des Brigittines : une affaire de possession !

La communauté des Brigittines est victime d’atroces visions. Des hurlements semblent provenir des jardins et les sœurs aperçoivent bientôt une religieuse sans tête puis de gigantesques hommes en armes qui gesticulent dans les couloirs du couvent.

Plusieurs religieuses ont des convulsions et des crises de démence. Quelques-unes meurent d’étranges maladies. La rumeur atteint la ville.

A la Pentecôte 1612, en plein office, des sœurs endiablées se précipitent sur mère Anne Dubois et dansent sur les marches de l’autel.

La très pieuse Marie de Sains finit par se dénoncer. Elle a agi sur ordre de Lucifer, elle a empoisonné ses sœurs, égorgé et torturé des centaines d’enfants. La Princesse des magiciennes passa dans les mains de l’inquisition et fut jetée dans la prison de Vilvoorde où elle mourut en 1630.

Daté de 1673, ce passage permettait d’arriver jusqu’au couvent. La cour des Brigittines est composé de petites maisons en brique contemporaines du couvent, détruit en 1795. C’est un des derniers vestiges du quartier Saint Sauveur.

A découvrir. N’ayez pas peur, entrez dans ce passage vouté et admirez les charmantes demeures.

29. ANCIEN REFUGE DE L’ABBAYE DE MARCHIENNES

Encore l’un des derniers vestiges du quartier Saint Sauveur.

Les Moines Bénédictins de Marchiennes, au XVII siècle, s’étaient trouvé à Lille un refuge au sein des remparts afin s’abriter en période de conflit et de se loger lorsqu’ils venaient en ville pour s’approvisionner.

Abbaye de Marchiennes

Prenons-nous pour des moines et entrons dans la cour pavée et admirons la jolie façade. Aujourd’hui, il y a 6 appartements.

30. L’HERMITAGE GANTOIS

L’Hospice Gantois a été fondé en 1462 par Jean de la Cambe (dit Gantois), un riche marchand. Il accueillit de manière ininterrompue des personnes malades ou âgées jusqu’en 1995.
En septembre 2003, il est devenu l’hôtel Hermitage Gantois (5 étoiles). Vous pouvez visiter le rez de chaussée en vous présentant à l’accueil et dire que vous êtes intéressé par le patrimoine.

Hermitage Gantois

Normalement, près du porche d’entrée, sur la gauche, se trouvent les restes d’une fresque murale où l’on voit saint Piat tenant entre ses mains une forme ronde et blanche, qui n’est rien d’autre que… son crâne.

En effet, seul saint originaire du Nord, saint Piat est, comme saint Denis, un saint céphalophore (c’est à dire porteur de tête). Attaqué vers 650 sur la route de Tournai, il serait parvenu jusqu’à Seclin en portant ainsi le sommet de son crâne, avant de mourir dans les bras de saint Eloi.

31. LA RESIDENCE DU BEFFROI

Résidence du Beffroi

La résidence du Beffroi se compose de deux bâtiments construits entre 1962 et 1965. Le plan de cette opération s’inspire de celui de la place Saint-Marc de Venise. Dommage qu’il n’y ait pas les canaux…

32. L’HOTEL DE VILLE ET SON BEFFROI

L’ancien Hôtel de ville situé sur la place Rihour ayant brûlé en 1916, Gustave Delory Maire de Lille et son conseil municipal décident de construire une nouvelle mairie dans le quartier Saint Sauveur. Le chantier se poursuit sous Roger Salengro qui décide l’ajout du beffroi. Son architecte est Emile Dubuisson, à ne pas confondre avec René… ancien maire de Sequedin.

Beffroi de Lille

Combien mesure le beffroi ? 104 m !

Combien de marches pour aller là-haut ? 109 marches et un ascenseur pour les moins sportifs. On y a une vue de 50 km autour de Lille.

A sa base, vous pouvez voir les géants Lydéric et Phinaert. Qui est le méchant et qui est le gentil ? Voici leur légende.

33. LA LEGENDE DE LYDERIC ET PHINAERT

En l’an 620, un prince bourguignon gagne l’Angleterre, accompagné de son épouse Ermengaert et d’une escorte de fidèles. En traversant le sinistre Bois-sans-Mercy en plein pays flamand, il tombe dans une embuscade dressée par Phinaert, seigneur brigand dont le repaire, le château du Buc, domine les bords de la Deûle.

Lydéric et Phinaert
Lydéric et Phinaert

Echappant au massacre, Ermengaert se réfugie dans la forêt. Endormie au pied d’un saule, près d’une fontaine, elle a une apparition de la Vierge Marie qui lui prédit la naissance d’un fils qui vengera son père.

Elle accouche de Lydéric, qu’elle abandonne avant de se livrer au géant sanguinaire. Lydéric est recueilli par un ermite qui l’élève au lait de biche.

20 ans plus tard, Lydéric défie Phinaert en combat singulier, ce duel se déroule au Pont-de-Fins en présence du roi de France, Dagobert.

Phinaert est vaincu et Lydéric obtient du roi le château du Buc, berceau de la ville de Lille, avec le titre de premier prince flamand. Et sa mère est enfin libérée.

En mémoire à cet épisode, Lydéric et Phinaert sont devenus les Géants de Lille.

Ils rejoignent la grande famille des Géants à laquelle appartient Narcisse de Sequedin.

34. PORTE DE TOURNAI Square du réduit

Sur le côté de l’Hôtel de ville, oublié dans le square de réduit, voici ce bloc de pierre.

Porte de Tournai

C’est tout ce qui reste de la porte de Tournai détruite en 1924. Ce “tableau” ainsi que son double était suspendu au-dessus d’un des 2 pont-levis de la massive porte de Tournai.

35. PORTE DE PARIS

Après l’arc de triomphe de la place de l’étoile à Paris, c’est le plus haut de France.

Porte de Paris

La porte de Paris, voulue par Vauban, est dessinée à la gloire de Louis XIV qui venait de ramener Lille dans le royaume de France. D’ailleurs, on peut voir Louis XIV. Où est-il ?

Au sommet, la Victoire couronne de laurier un médaillon à l’effigie du roi Soleil alors que deux génies célèbrent de leur trompette la renommée du souverain.

Louis XIV
Porte de Paris

Dans chaque colonne, on voit la puissance royale : Neptune dieu de la guerre à gauche, et Hercule avec sa massue à droite et ses jolis muscles.

La porte était intégrée aux remparts qui disparurent en 1858. Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris, est intervenu auprès de la ville pour sauver la porte de Paris menacée de destruction.

Emprunter son pont levis et en contrebas, admirez un pastiche de jardin à la française protégé par ses lions menaçants.

36. PARC JEAN BAPTISTE LEBAS

Ancien lieu de parking sauvage, c’est devenu depuis 2006 le paradis des enfants. 3 hectares de verdure au cœur de la ville.

Parc Jean Baptiste Lebas

Une grenade de la première guerre mondiale a retardé l’inauguration de ce parc de 8 mois.

37. GARE SAINT SAUVEUR

10 ans après l’ouverture de la première gare de Lille, la gare Lille-Flandres, en 1848, la ville annexe les communes limitrophes de Moulins, Wazemmes, Fives, Esquermes. C’est alors que l’idée de construction d’une nouvelle gare, plus vaste, émerge.

Gare Saint Sauveur

Elle est créée en 1861, par décret impérial, et les travaux commencent en 1864. La gare Fives-Saint-Sauveur devait initialement devenir la gare principale de Lille, mais son emplacement, excentré par rapport au centre historique, va conduire à en faire une gare de marchandises.

Après l’entrée en service de la plateforme multimodale Delta 3 de Dourges, la gare arrête ses activités en 2001 et son exploitation cesse définitivement en décembre 2003.

Se pose alors la question de la reconversion de l’emprise de 20 hectares qu’elle occupe. Deux de ses halles sont rénovées dans le cadre de l’organisation des événements de Lille 3000 en 2009.

38. LA PUCELLE

Sur notre parcours, on peut admirer cette statue de Jeanne d’Arc.

Jeanne d’Arc

39. LOUIS PASTEUR

Le 9 avril 1899, il y a du beau monde à Lille. Les ministres se l’Agriculture et des Colonies entourent Mme Pasteur et ses enfants pour inaugurer l’Institut Pasteur, boulevard Louis XIV et un monument en souvenir de l’illustre savant mort quatre ans plus tôt.

A 32 ans, Louis Pasteur fut le premier doyen de la Faculté des sciences à Lille de 1854 à 1857.

Louis Pasteur

La statue rend un bel hommage à Pasteur et rappelle bien que c’est l’inventeur de la microbiologie puisqu’on le voit tenir dans la main une fiole remplie de bouillon de culture.

Pasteur reste dans les mémoires pour avoir découvert le vaccin contre la rage.

Ses recherches l’ont conduit à mettre en place un protocole de vaccination sur les chiens.

Le matin du 6 juillet 1885, sa conscience est déchirée car la mère de Joseph Meister âgé de neuf ans et mordu par un chien enragé, vient le supplier de sauver son enfant. Ils ont fait le voyage d’Alsace.

Mais passer de l’animal à l’homme sans être tout à fait prêt, pose pas mal d’hésitations. Au point que son assistant, le Dr Roux démissionnera.
 
Louis Pasteur n’étant pas médecin, c’est le Dr Grancher qui va suivre le protocole de vaccination. En 10 jours, le jeune garçon reçoit au total treize injections de moelles rabiques infectées de moins en moins atténuées. La dernière injection étant même une injection de la rage afin de tester l’efficacité totale de la méthode. Inutile de dire qu’un tel protocole ne serait plus acceptable de nos jours.
 
Cette première vaccination est un succès : Joseph Meister ne développera jamais la rage et deviendra le premier être humain vacciné.

Pour en savoir plus sur Pasteur : https://www.pasteur.fr/fr/institut-pasteur/notre-histoire/troisieme-epoque-1877-1887

40. LE SEBASTO

Suite à l’incendie du Théâtre de la ville dans la nuit du 5 au 6 avril 1903, la ville de Lille ne peut rester, même une saison sans théâtre.

Gustave Delory, maire de Lille, décide de construire une salle provisoire. Il faudra seulement 102 jours, soit 3 mois pour construire le Sébasto. Record à battre !

Le sébasto

Son inauguration s’est tenue le 30 novembre 1903.

Au niveau du porche central, 2 superbes atlantes gardent l’entrée.

Et comme on dit, le provisoire dure puisque le Sébasto est toujours l’une des belles places culturelles de Lille.

41. MUSEE DES BEAUX ARTS

Les statues d’Eugène Dodeigne trônent devant l’édifice : c’est de l’art abrupt. On sait seulement que c’est trois silhouettes voûtées.

Musée des Beaux Arts
Musée des Beaux Arts

On ne sait pas si elles s’inclinent vers le palais des Beaux-Arts ou si elles se détournent de celui du pouvoir (la préfecture).

S’agit-il d’hommes ou de femmes ? Des vieillards ? Ou des fantômes ? De pénitents ? L’œuvre n’a même pas de titre et son auteur ne veut pas en délivrer le sens. Mystère…

Au sous-sol de ce musée, vous pouvez découvrir les superbes plans relief du Maréchal Vauban.

Pourquoi les mettre au sous-sol ? Parce que ces plans craignent la lumière. Ce qui explique aussi la lumière tamisée de la pièce.

42. LE GRAND SOLDAT DE PLOMB

Louis Léon Faidherbe fut l’un des rares généraux incontestés de la guerre de 1870.

Général Faidherbe
Général Faidherbe

Une souscription lancée en 1889 a permis de commander cette statue. Cette statue a d’abord déçu les Lillois et ils la qualifièrent de “monumental soldat de plomb” estimant que l’allure martiale du général et de sa mouture manquait de souffle et n’était pas digne d’un si grand soldat.

Ce fut l’une des rares statues de bronze de la ville avec celle de Louis Pasteur à survivre aux réquisitions allemandes de la fin 1914.

43. LE PALAIS RIHOUR

S’il existe des lieux dotés d’une protection surnaturelle contre le feu, d’autres en sont démunis.

C’est le cas du Palais Rihour dont il ne subsiste que ce qui abrite aujourd’hui l’Office de Tourisme.

En effet, ce qui fut au départ le somptueux palais de Philippe III le Bon au XVe siècle, réhabilité en hôtel de ville “pataud” en 1849 est parti en fumée dans la nuit de Pâques 1916.

En 1700, les lieux avait déjà affronté l’épreuve du feu à cause des feux d’artifice utilisés lors de la représentation d’une tragédie lyrique.

Place Rihour

Devant ce qui reste du Palais, un monument aux morts fut édifié en 1924 en hommage aux morts de la première guerre mondiale.

Son inscription “Morts pour la paix” et non “Morts pour la patrie” a déchaîné en son temps les passions entre le cartel des gauches et les nationalistes.

44. LA GRANDE ROUE DE LILLE

C’est une tradition : chaque année, une grande roue pousse sur la Grand Place de Lille à l’occasion de Noël.

La Grande Roue de Lille

Grande roue, Grand Place.. avec tous ces grands, c’était normal d’attribuer le nom d’un Grand homme à cet endroit qui est le coeur de Lille : la place du Général de Gaulle

45. LE THEATRE DU NORD

Construite en 1717, c’était le regard du roi de France au centre de la ville récemment annexée.

Le théâtre du Nord

Le bâtiment servait en effet à loger les soldats du guet. On reconnaît sur le fronton triangulaire le soleil de Louis XIV, avec de part et d’autres, les armoiries de France et de Lille.

C’est actuellement le siège du Théâtre du Nord.

46. LA DEESSE

La déesse

Dressée au milieu de la Grand’Place, cette colonne commémore le siège de Lille par les Autrichiens en septembre 1792.

Dans la main droite, la Déesse tient un ‘boute-feu’ qui sert à allumer la mèche des canons.

Sa main gauche indique une inscription gravée sur le socle : la réponse courageuse du maire de Lille, André, refusant de rendre sa ville assiégée.

Cette victoire fut aussi saluée par la Convention Nationale (on était à l’époque de la révolution), proclamant que « Lille avait bien mérité de la patrie ».

Le monument a été érigé en 1845. Le sculpteur de la Déesse est le douaisien Théophile Bra, également auteur de deux bas-reliefs sur l’Arc de Triomphe à Paris.

A l’origine, cette femme était née pour dominer les Champs Elysées.

Elle devait être posée avec 35 autres statues sur l’Arc de triomphe, mais le projet a été abandonné.

L’esquisse de la statue a été offerte à Lille par son architecte Bra. Il s’en inspira lors du concours organisé pour fêter les 50 ans de la victoire sur les autrichiens (1792).

La statue est à l’image des flamands. Elle a des hanches vigoureuses.

Le sculpteur lui aurait donné les traits de la femme du maire de l’époque.

La statue a été hissée au sommet de la colonne par la chèvre du régiment des canonniers sédentaires.

La statue fut laissée intacte par les allemands en 1914. Ils ont juste enlevé les quatre obusiers autrichiens qui ornaient les flancs de la colonne.

47. LA VOIX DU NORD

La Voix du Nord

Du haut du bâtiment de la Voix du Nord, trois grâces veillent sur la ville.

Elles sont belles avec leur vêtement tout de bronze doré.

Ces trois belles ne sont autres que les trois grandes provinces du Nord :

  • L’Artois serre une gerbe d’épis de blé pour illustrer la fertilité de ses plaines
  • Le Hainaut célèbre la culture colombophile en soutenant un pigeon
  • La Flandre porte un bateau sur lequel on peut lire Terre Neuve, en hommage aux marins qui partaient dans les eaux islandaises à la pêche à la morue

Quand je vais vous dire leur poids, vous allez certainement penser qu’il faut mieux les appeler les trois grasses car elles pèsent tout de même 3 000 kilos.

Au départ, la Voix du Nord est un journal clandestin né en 1941. Ce journal prend le relais de l’Echo du Nord qui disparait à la Libération.

Imaginez qu’en 1936, l’Echo du Nord sortait deux éditions, matin et soir, dépassant les 300 000 exemplaires.

Sur la façade, vous pouvait observer 28 écussons, autant que d’éditions locales publiées par l’Echo du Nord, de Dunkerque à Cambrai, de Bapaume à Avesnes.

48. LA VIEILLE BOURSE

La vieille bourse

La cour intérieure est la cour dite des transactions. Aujourd’hui, il s’y passe toujours des transactions, mais de livres.

La vielle bourse est un chef d’œuvre de l’architecture flamande.

Sa construction a été autorisée par Philippe IV d’Espagne en 1651. Et oui, Lille était espagnole.

49. L’OPERA DE LILLE

Un an avant, l’architecte Louis Marie Cordonnier avait déjà été choisi pour bâtir la Nouvelle Bourse.

L’opéra de Lille

Ayant quelques ennemis et doutant de l’impartialité du jury, il dépose deux projets pour bâtir le Grand théâtre, devenu l’opéra de Lille suite à l’incendie du théâtre Lequeux en avril 1903.

Un des deux projets est déposé sous un nom d’emprunt et c’est ce projet qui est choisi puisque le jury pensait ainsi l’écarter.

Le théâtre peut accueillir 1600 personnes. Il ne sera achevé qu’en 1915. Lille étant alors occupé par les allemands, il sera baptisé “Deutsches Theather” et inauguré par le Kronprinz Rupprecht de Bavière.

La véritable inauguration n’aura lieu que le 7 octobre 1923, quinze ans après la pose de la première pierre.

Sur le fronton surmontant la façade, Apollon entouré de ses muses. A gauche, l’allégorie de la Musique, à droite, celle de la Tragédie. Il y a aussi la muse de la Comédie et celle de la Danse (celle qui tient une lyre en écaille de tortue).

50. LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE

La chambre de commerce et d'industrie
La chambre de commerce et d’industrie

Institution, créée en 1701 par Louis XIV, elle occupa jusqu’au XIXème siècle la Vieille Bourse mais l’essor industriel rendit vite exigu le bâtiment.

Louis Cordonnier fut chargé de réaliser celle de Lille.

Le beffroi, haut de 76 mètres, symbolise la puissance des cités marchandes et constituait un pied de nez vis à vis de l’autorité municipale et l’autorité de l’Eglise. Il fallut attendre la construction d’un nouvel hôtel de ville en 1932, avec son beffroi de 105 mètres pour “remettre les pendules à l’heure”.

En parlant de pendules, tendez l’oreille et sous le coup de midi, vous pouvez entendre le carillon chanter… le P’tit Quinquin.

Si vous avez la chance de pouvoir rentrer à l’intérieur, n’hésitez pas une seconde, tellement les lieux sont éblouissants : une verrière de 15 mètres de haut, du marbre, des boiseries en chêne…

51. LEON TRULIN

Léon Trulin est un héros de la résistance durant la guerre 14-18.

Léon Trulin

L’adolescent belge a été fusillé à 18 ans par les allemands le 8 novembre 1915 à l’aube dans les fossés de la Citadelle.

Sur le socle de la statue, on peut lire un extrait de sa dernière lettre à sa mère : “je pardonne à tout le monde, amis et ennemis. Je fais grâce parce qu’on ne me la fait pas”. Léon Trulin était le chef d’un réseau de renseignement.

Cette statue est aussi une sorte d’excuse à sa famille. Car vous pourrez voir à l’entrée du bois de Boulogne, au bout du boulevard de la République le monument aux fusillés Lillois, une statue qui montre les 4 membres du réseau Jacquet et le jeune Léon Trulin.

Tandis que les 4 membres sont debout et font face au peloton, Léon Trulin est représenté mort face contre terre. cette différence de traitement n’a pas plue à la Famille et aboutira à cette statue où l’on voit Léon Trulin debout.

52. IMMEUBLE PROUE

Cet îlot est le début d’un ensemble Hausmannien qui ne vit jamais le jour. Construit en 1911.

Il nous fait penser au Flatiron de New York avec sa forme de Fer à repasser, ou à une proue de navire qui préfigurait un projet architectural de liaison directe entre le grand boulevard et la Grand Place. Projet qui prévoyait la disparition du rang du beauregard (les appartements avec les boulets de canons).

53. LA RUE DE LA CLE

Elle fait partie des plus anciennes de Lille, étant déjà présente en 1066.

Rue de la clé

Elle changea de nom pour un temps, devenant la Rue Marat, avant de retrouver son nom d’origine. Et il y a encore très peu de cela, si vous demandiez à quelqu’un où se trouvait la rue de la clef, il fallait vous attendre à être la victime de regards louches. En effet pendant une longue période, une fois la nuit tombée, la Rue de la Clef devenait le siège de la prostitution.

Cette rue qui avait pourtant si mauvaise réputation est devenue, quasiment du jour au lendemain, une rue habitant des boutiques.

Cette rue pavée reste malgré tout un emblème de la ville, incarnant la capacité de renouveau dont sait faire preuve notre capitale flamande.

54. BOULETS DE CANON SUR LA FACADE BEAUREGARD

Façade Beauregard
Façade Beauregard

Ils célèbrent la résistance de la ville au siège des Autrichiens de 1792.

La bataille fut difficile et dura 9 jours pendant lesquels trente milles boulets chauffés à rouge et six milles bombes incendiaires ont détruit plus de sept cents maisons.

Le boulet au 31 place du théâtre (Façade Morel et fils) est peint en rose pour simuler un sein de femme. Comme le disait Joseph Morel : “Attention, ici on est chez les Morel, on est chez les rebelles !”.

“Cachez ce sein que je ne saurai voir”

Au fait, ces boulets de canons sont factices et montrent bien l’esprit espiègle des Lillois.

55. LE BRAS D’OR DE LA RUE GRANDE CHAUSSEE

Que signifie ce mystérieux bras d’or accroché à un balcon à l’angle des rues Lepelletier et Grande-Chaussée ?

Bras d’or

Nul ne le sait, pas même les plus grands spécialistes de l’histoire lilloise.

Pourtant, ce bras droit doré figure déjà sur une gravure du XVIIe siècle. On le reconnaît fixé au même endroit sur la façade d’une haute maison de bois qui commence la rue Grande-Chaussée, rue très commerçante qui débouchait sur le marché aux fleurs. La maison, datée du début du XVIe siècle, était une des plus belles et des plus solides de la ville. Elle appartenait à l’origine aux Hespel, une famille d’échevins (magistrat municipaux) enrichis par le négoce.

La bâtisse comprenait trois étages et un grenier et dominait le marché aux fleurs de près de quinze mètres.
Si l’on peut voir sur le dessin que la maison voisine abritait un chausseur, aucun indice ne permet de savoir quel commerce se tenait au rez de chaussée du n°1 de la rue Grande-Chaussée.

Le lieu accueillait-il un gantier ou encore un maître d’armes, dont le bras tendu était effectivement le signe distinctif ? Ce bras d’or indiquait-il la direction de l’Hospice Comtesse tout proche ou celle d’une léproserie située hors la ville ? Le mystère reste entier.

56. LES ANGELOTS VOLTE FACE

Pour distinguer les différentes propriétés des maisons en rang, les tailleurs d’images Lillois ont fait preuve d’inventivité et de facétie : regardez ces angelots.

Les angelots

S’ils s’enlacent, c’est la même maisonnée. A l’inverse, s’ils se tournent les fesses, alors c’est que l’on change de propriétaire.

57. DEBRIS DE L’EGLISE SAINT ETIENNE

Ici se tenait la somptueuse église gothique Saint Etienne, qui bordait le Grand marché et le cœur marchand de la ville moyenâgeuse.

L’église servait de beffroi aux Lillois entre le XVIe siècle et la fin du XVIIe. Elle ne survécut pas au bombardement autrichien. 

De l’église Saint Etienne, il ne reste que deux colonnes en grès et leurs chapiteaux. La voute est l’entrée de la rue des Débris Saint Etienne.

58 GAUFRES

Derrière cette belle façade, sont fabriquées à la main de succulentes gaufres fourrées. Bienvenue chez Meert !

Meert

C’est en 1761 que commence l’aventure des gaufres. Au départ les moules à gaufres (non ce n’est pas une insulte) sont confectionnés sur mesure pour les fêtes familiales.

Ce n’est qu’un siècle plus tard que la famille Meert rachète la pâtisserie mais le nom restera jusqu’à aujourd’hui, à cause de leur réputation.

À l’origine on y produisait aussi des confiseries à usage pharmaceutique.

On raconte que Mozart s’y serait arrêté pour soigner un mal de gorge.

On dit que la marraine du Général de Gaulle lui en envoyait régulièrement à Colombey tellement il en raffolait.

59. BARBUE D’ANVERS

Qu’est-ce donc que le barbue d’Anvers ? une race de poisson ?

Barbue d’Anvers

Non, ce restaurant appartient au propriétaire du coq hardi qui est resté dans les Gallinacés en appelant ce restaurant du nom d’une race de poule méconnue.

60. LE DIPLODOCUS

Au début des années 1970, un promoteur qui dit pouvoir compter sur des capitaux venant du golfe lance un projet pharaonique. “Le Diplodocus” est un vaste projet de bureaux aux lignes futuristes (sorte de pyramide en étoile qui devait dépasser 50 m de haut).

Le Nouveau Siècle

Heureusement, il subit un coup de grâce à cause de la crise pétrolière de 1973-1974. Reste alors un trou de 15 m qui servira de décor en 1976 au film d’Henri Verneuil “Le corps de mon ennemi” avec Jean Paul Belmondo.

Le trou se remplit d’eau. Un immeuble proche s’effondre. Que va devenir le diplodocus ?

Début des années 1980, le site est racheté par la communauté urbaine qui en fait un édifice circulaire comprenant un palais des congrès de 2000 places, des commerces et des logements sociaux. Depuis 1983, le Nouveau Siècle accueille l’Orchestre national de Lille.

61. L’OMNIA

L’Omnia

Voici les différentes vies de l’Omnia :

  • 1869 : salle spectacles. L’Eldorado est un débit de boisson et un music-hall.
  • Fin du XIXe siècle : la brasserie de l’industrie. On y organise des projections de cinéma.
  • Mars 1908, le groupe Pathé rachète la salle pour créer l’un des premiers cinémas sédentaires au Nord de Paris.
  • De séries B en film pour adultes, l’Omnia devient le seul cinéma du genre de la région.
  • 1995, il se transforme en brasserie.

62. LE P’TIT QUINQUIN Square Foch

Le P’tit Quinquin

Cette sculpture est un faux. L’dintellière, sin p’tit Quinquin et s’n’ochenoire (la dentellière, son enfant et son berceau) est une copie en résine de polyester et poussière de marbre. Le vrai est dans le grand hall de l’hôtel de ville.

Pourquoi ? Parce que plus d’un admirateur a dérobé à coup de burin un bout du pied de Narcisse.

Le p’tit Quinquin, la canchon dormoire, on le doit à Desrousseaux, chroniqueur de l’âme Lilloise et chansonnier. La chanson date de 1853. A l’époque, on battait tous les records de mortalité infantile : un enfant sur trois n’atteignait pas l’âge d’un an.

Cette chanson exprime toute la tendresse des mères démunies de tout mais pleine d’amour pour leur “p’tit pouchin”.

La dentellière laisse de côté son travail pour chanter et endormir son Narcisse. Au fil des 7 couplets, elle lui promet du pain d’épice, du “chuc à gogo”, puis de l’emmener à “l’ducasse” voir les marionnettes, puis de lui offrir une coquille (une brioche).

Mais rien n’y fait. Narcisse ne veut pas dormir. Alors au détour du sixième couplet, elle lui promet le martinet que le baudet de saint Nicolas pourrait bien lui apporter… Menace qui s’avère efficace.

Le p’tit Quinquin s’endort et la dentellière peut reprendre “s’in ouvrage”.

Le 27 novembre 1892, lors de l’enterrement de Desrousseaux, toute une ville suit le cortège de l’église du Sacré-Cœur jusqu’au cimetière de Lille Est. La “canchon dormoir” sert ce jour-là de marche funèbre et produit “un effet poignant” sur la foule des lillois.

63. MARECHAL FOCH

Maréchal Foch

Au milieu du square, une statue du Maréchal Foch domine les lieux.

64. LES QUAIS DU WAULT

C’est ici que l’on déchargeait les marchandises pour les faire transiter par la terre jusqu’à la Basse-Deûle (actuellement avenue du Peuple Belge). En effet entre ces deux points, la Deûle n’était pas navigable.

Les quais du Wault

Imaginez qu’avant les années 1960, les quais du Wault étaient reliés à la Deûle de l’autre côté de l’Esplanade.

Il s’en est fallu de peu pour que ces lieux soient transformés dans les années 1970 en parking souterrain. Merci à l’association Renaissance du Lille ancien qui a lancé une pétition pour s’y opposer.

65. LE MONUMENT AUX FUSILLES LILLOIS

Voici le fameux monument qui a provoqué le courroux de la famille de Léon Trulin.

Les quatre personnages debout sont connus sous le nom des “quatre fusillés de Lille”.

Leur crime ? Avoir caché un aviateur anglais atterri à Wattignies le 11 mars 1915, l’avoir hébergé et lui avoir permis de rejoindre ses lignes.

Le 22 septembre 1915, Eugène Jacquet, Ernest Deconinck, Georges Maertens et Sylvère Verhulst sont fusillés dans les fossés de la citadelle. Ils tombent sous les balles allemandes en criant : “Vive la France !”

66. LE P’TIT JACQUES

Aujourd’hui, c’est un théâtre de marionnettes.

Le P'tit Jacques
Le P’tit Jacques

Mais il doit son existence aux chèvres de Monsieur… Rameau.

A sa mort en 1876, ce riche agronome a légué une fortune à la ville, mais non sans quelques volontés.

D’abord, la ville devait créer un palais exclusivement réservé à la l’horticulture et à la musique. Et cela a donné le palais Rameau.

Sur sa tombe du cimetière du Sud, la ville a la charge d’entretenir un pied de vigne, un dahlia, des pommes de terre, un rosier et un fraisier.

Et pour finir, il fallait prendre soin de ses chèvres du Tibet. Et cela a donné un adorable chalet. Mais l’histoire raconte que les caprins ont fini dans les estomacs de quelques-uns. Il faut dire qu’entre la guerre de 1870 et la première guerre mondiale, les temps étaient durs. Après tout, les Parisiens ont bien mangé l’éléphant, l’antilope et le chameau du Jardin des Plantes pendant la guerre de 1870.

67. LE POUDLARD DU NORD

La Catho

Si la Catho a des airs de Poudlard, c’est normal car son architecture s’inspire des établissements anglo-saxons. Le style gothique du 13ème siècle affirme le caractère catholique de l’établissement.

Mais désolé pour tous les Hermione et Harry Potter, la Catho n’est pas une école de sorciers, mais bien un lieu de savoir et d’enseignement qui perdure depuis 1874.

CONCLUSION

Merci d’avoir suivi mes traces dans les rues de Sequedin et de Lille.

J’ai toujours éprouvé beaucoup de plaisir à mixer plusieurs loisirs comme la course à pied et l’histoire.

Pour chaque Marathon que j’ai la chance de courir à travers le monde, je m’intéresse aux lieux et monuments historiques que je vais apercevoir sur le parcours.

Alors ce parcours dans Lille, c’est un peu mon jardin secret que je partage avec vous.

Ces anecdotes sur Lille, Je les ai déjà partagées avec les membres de l’Oxygène Sequedinois lors de balades nocturnes à l’occasion de virées hivernales.

Pour apprendre des anectodes croustillantes sur Lille, voici mes sources :

Et je vous recommande vivement de suivre Théo Hooreman sur ses différents médias. Je remercie Théo Hooreman d’avoir jeter un oeil sur mon texte et d’y avoir ajouté quelques petites histoires ici ou là. Car ne l’oublions pas, ce sont les petites histoires qui construisent la grande HISTOIRE.

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Et pour encore plus d’infos : https://hellolille.eu/

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