Vous voulez savoir pourquoi il faut se méfier du public, alors lisez bien cet article et vous allez le découvrir dans quelques instants l’histoire du tigre…

En course à pied, vous avez différentes manières d’appréhender le public.

La première est de l’ignorer. Alors ne vous inquiétez pas car ce sera réciproque. S’il ne se passe aucun contact visuel, verbal ou gestuel, vous serez juste un dossard anonyme pour eux.

Ce n’est bien sûr pas la manière que j’affectionne.

Car le public est une formidable source de vitalité.

Fixez quelqu’un des yeux dans la foule, souriez-lui et en retour, vous recevrez des encouragements qui vous porteront.

Jouez avec les enfants en leur tapant dans la main. « Donne-moi en cinq ! » comme dirait l’autre. Et leur sourire vous combleront.

Même si les puristes vont dire que ça coûte de l’énergie, moi je trouve que ça renvoie tellement de bien que ça vaut le coup. Sur une course, j’ai même vu les premiers s’amuser avec les enfants. Chapeau Messieurs !

Sur certaines courses, le prénom figure sur le dossard. Et ça, c’est vraiment génial car vous n’êtes plus anonyme. Que ça fait du bien d’entendre scander son prénom alors qu’on est dans le dur.

Et il y a vos fans. Des amis, vos parents, votre conjoint, vos enfants qui sont venus spécialement pour vous encourager. Pour ce cas de figure, il faut juste prévoir un peu d’organisation. Etudiez avant la course à quel point kilométrique vos fans vont se placer et de quel côté de la route. Car c’est frustrant de rater son fan club. Croyez-moi, sur les grandes courses, c’est parfois difficile de trouver ses proches dans la foule c’est comme « où est Charlie ? ».

Le public est formidable mais il faut respecter quelques précautions.

Voici quelques histoires que j’ai déjà vécu.

Le photographe

Méfiez-vous des amateurs qui prennent des photos. Ils peuvent parfois faire des écarts ou ne pas se retirer de votre chemin assez vite car ils sont obnubilés par leur écran, donc distraits. En plus, ils ont perdu la notion de perspective.

Le coupeur de route

Le coupeur de route est un spécimen très dangereux. Il va attendre que vous arriviez pour se décider à traverser devant vous au risque de vous faire trébucher.

La suite de l’histoire… Si vous en avez la force, vous allez hurler. Les autres personnes du public et les signaleurs prendront parti pour vous.

En conclusion, vous aurez eu une belle montée d’adrénaline.

Le supporter un peu trop enthousiaste

Je l’ai vécu lors du Marathon de New-York. Le public anglo-saxon, c’est de la folie. Je tapais des « cinq doigts » avec des enfants, des blancs, des blacks, des hommes, des femmes.

Et soudainement, je vois un grand balèze format XXL et sa main de géant qui prend de l’élan. Je n’ai pas eu le réflexe de me méfier et j’ai failli faire trois tours sur moi-même…

Maintenant, j’ai la technique : je tape toujours des « cinq doigts » dès que possible mais du bout de la main.

Un tigre dans le moteur

Cette histoire, je ne l’ai pas vécu, heureusement pour moi mais je la tiens d’un autre coureur.

Sur les courses, il arrive que le public soit généreux et vous offre des boissons, des trucs à manger, etc…

Cette fois-là, une personne du public tend à un coureur un gel qui semble être un gel énergétique. Cela tombe bien car notre coureur a un coup de mou. Celui-ci ouvre le gel et le met dans la bouche. HORREUR. Ce n’était pas un gel énergétique mais une pommade chauffante à appliquer sur les jambes. Cette pommade a le doux nom de Tiger Warm. Vite de l’eau…

Comme vous, je n’ose imaginer la souffrance du malheureux pour se débarrasser de l’infâme pommade. C’est pourquoi, la fameuse expression dit bien : « avoir un tigre dans le moteur ! » et non pas « avoir un tigre dans la bouche ! ».

Conclusion, méfiez-vous de ce que vous donne le public. J’irai même jusqu’à dire : ne prenez rien en dehors des ravitaillements officiels.

Il y a les GO au club, connaissez-vous les GB

Ce sont les Gentils Bénévoles. Et j’ai un superbe souvenir que je vais vous raconter dans un instant.

Sans eux, pas de course. Les bénévoles sont présents partout sur une course : à l’inscription, à la consigne, sur le parcours, à l’arrivée et aux ravitos. Ils me font penser aux figurants des films, pour lesquels Michel Sardou chante une magnifique chanson d’hommage.

Alors voici un précieux conseil, dès que vous croisez ou avez affaire à un bénévole, souriez. Ce simple geste, ils vont vous le rendre au centuple. Déjà, sans rien vous demander, ils sont là pour vous servir. Alors si vous leur montrez un peu de gratitude, ils sont aux anges.

Cela m’a déjà valu des doubles rations d’aliments ou d’encouragements.

Je me rappelle du semi-marathon de Phalempin, près de Lille en juin, où j’ai couru déguisé en MM’S. C’est une des plus belles courses des Hauts-de-France. Et c’est une course sérieuse, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de challenge déguisement. Si j’ai couru déguisé, c’était pour faire de la publicité pour la course organisée par mon club en octobre. L’effet de surprise était complet. Sur quelques milliers de coureurs, nous devions être 3 à courir déguisés. Vous pouvez imaginer le succès que j’ai eu avec le public. Mais ce qui m’a le plus ravi est le changement d’attitude des bénévoles. A chaque fois, leur visage s’illuminait d’un beau sourire. Au moins ce jour-là, si je n’ai pas gagné la course, j’ai apporté quelques instants de bonheur aux autres.

Un des plus beaux moments que j’ai vécus est celui-ci. Lors de mon premier marathon de Paris, j’étais à la peine et je m’arrête à un ravitaillement bien mérité. Une bénévole me dit : « Oh, les jolis yeux verts ! ». Tout était synonyme de souffrance sur mon visage à l’exception de mes yeux et cette personne l’avait vu. Ces mots valaient autant d’énergie que la potion magique d’Astérix. Ils m’ont regonflé et m’ont permis de terminer la course.

Voilà la conclusion, cher public des courses, chers bénévoles, j’ai besoin de toi. Sans toi, ce serait plus dur. Avec toi, je peux soulever des montagnes. Comme lors du marathon de New-York, où perclus de crampes depuis le 40ème km, je n’avance que par à-coups. Alors dans la dernière ligne droite, après le virage de Central Park, au pied de la statue de Christophe Colomb, je me mets à crier au public somnolent : « I need you, I need you… ». Et je termine sous les applaudissements, presque en transe…

Public, I need you…

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