La une de l’édition du 17 août 2018 de la Voix du Nord titre : « Courir à Lille : trop cher ! ».

Le journaliste Bernard Virel signe un excellent article sur le prix du dossard des courses de la braderie de Lille de début septembre. Il arrive à la conclusion, que pour les inscrits de dernière minute, il en coute plus cher que de courir à Lille qu’à Cannes : 27 € pour le 10 km et 32 € pour le semi.

Etant Lillois, cela fait quelques années que j’avais noté l’envolée du prix du dossard pour le semi-marathon de Lille. Et s’il y a quelques années, j’étais prêt à m’inscrire, c’était parce que le parcours du semi empruntait les rues du centre-ville avec un tour dans le bois de Boulogne. On passait au milieu des étals des bradeux, sous la porte de Paris, sur les pavés de la place du Général de Gaulle… Tout cela avait un certain charme par rapport au tracé d’aujourd’hui déplacé sur les grands boulevards. Même s’il y a de belles demeures bourgeoises, ce n’est pas pareil. Les mini tunnels sont « casse pattes » et le tracé en aller-retour est moyen.

Mais ne vous faites pas de souci, les 12 000 dossards des courses de la braderie de Lille trouveront preneur. Ce qui conforte les organisateurs à continuer cette stratégie commerciale. Heureusement, dans la région des Hauts de France, cela semble être une exception puisque le Directeur de la Ligue régionale, Jean-Pierre Watelle précise dans son interview que le « bon » prix pour un 10 km est de dix euros et pour un semi entre 15 et 20 €.

Comparé à Paris, Marseille, Lyon, les prix de Lille sont inférieurs. Ce qui pousse notre journaliste à s’interroger sur le niveau social du coureur qui semble au fil des années évoluer vers le haut aussi.

Alors, la course à pieds est-elle un sport de riches ?

Cela dépend des références de chacun. Et Jean-Pierre Watelle estime qu’on arrive à couvrir une saison avec 300 € (comprenant l’achat de deux paires de baskets).

Je vous donne quelques trucs pour limiter la facture.

Conseil 1 :

D’abord, en début d’année, vous devez planifier votre calendrier personnel.

Je vous conseille de choisir une épreuve phare par semestre et d’y ajouter des compétitions que j’appelle bonus qui s’intègrent bien dans la préparation des épreuves phares. Par exemple : un semi-marathon, un mois à 6 semaines avant un marathon. Et je vous conseille d’éviter l’orgie de compétitions. En effet, courir trop souvent en compétition expose plus aux blessures. Et se lever chaque dimanche, prendre la voiture pour aller plus ou moins loin participer à une course devient une routine de plus en plus pesante alors que la compétition doit être un moment exceptionnel. C’est en toute connaissance de causes que je vous dis ça car j’ai fait cette erreur lors d’une saison de course à pieds avec le risque d’en être dégoûté.

Conseil 2 :

Lire le règlement de la course pour choisir le meilleur moment d’inscription.

Pour les inscriptions, il y a deux types de course. Celles comme la braderie de Lille où il faut mieux s’inscrire longtemps en avance pour éviter de payer plein pot à la fin. Cela comprend le risque de ne pas pouvoir participer le Jour J à cause d’une blessure et de perdre son dossard qui est nominatif.

Et il y a les courses moins prestigieuses mais parfois tout aussi amusantes à faire, comme celle que j’organisai dans ma ville : « La Sequedingue » (aujourd’hui suspendue à cause des mesures de sécurité trop lourdes à gérer).  Voici ce que je remarquai au niveau des inscriptions (300 à 400 au total) :

  • 10 % d’inscription un mois avant
  • 60 à 70 % d’inscriptions les deux dernières semaines
  • 20 à 30 % d’inscription la veille et le jour même (avec un supplément de 2 €)

Donc pour les « petites » compétitions, le coureur attend la dernière ligne droite pour s’inscrire en fonction de son état de forme, de la météo du weekend, etc…

En tant qu’organisateur de « la Sequedingue », à partir de la deuxième édition, on savait que ça se passait comme ça. Pour la première édition, inutile de vous dire que nous avons eu peur d’aller au fiasco quand nous avions à peine 10 inscriptions à 2 semaines de la course !

Conseil 3 :

Voici quelques astuces diverses :

  • Acheter ses baskets au moment des soldes,
  • Profiter des ventes privées de matériels,
  • Courir sous les couleurs de sa boite si celle-ci a une politique sportive,
  • Se méfier des sirènes du running marketing comme les chaussures à appui rebondissant… Et n’achetez que ce dont vous avez réellement besoin.

Si je devais compléter l’article de la Voix du nord, je rajouterais juste un paragraphe sur les courses prestigieuses, notamment à l’étranger. Pour ces courses comme le marathon de New-York, ou Londres par exemples, le coureur est emporté par sa passion. Le prix du dossard (très élevé) en devient presque dérisoire par rapport aux frais du voyage. Et là c’est vrai que le niveau social du coureur est un facteur important.

Dans son article, Bernard Virel écrit un encart spécial sur ASO, l’organisateur du tour de France et du marathon de Paris (119 € le dossard). Il a des craintes sur l’envolée des prix des courses de Marseille et Reims qui sont tombées dans l’escarcelle d’ASO. Et là, je le rejoins complètement.

Voici ma déconvenue avec ASO vécue lors de l’édition 2010 du marathon de Paris. Pour le marathon de Paris, il faut s’inscrire un an avant. A Pâques 2010, j’avais donc mon dossard pour 2011. En novembre 2010, on me dépiste une hernie inguinale avec opération à faire au printemps 2011. Donc pas possible de courir un marathon en avril 2011. En novembre 2010, j’ai contacté ASO pour remettre en vente mon dossard sans demande de remboursement car je n’avais pas pris d’assurance. Ma demande est restée lettre morte et c’est compréhensible. Car ASO sait qu’à chaque édition, il y a 10 % d’inscrits qui ne se présenteront pas sur la ligne d’arrivée. A près de 50 000 coureurs inscrits, cela fait 4 à 5 milliers d’absents. C’est autant de victuailles en moins à chaque ravito, de médailles finisher et de maillots à commander en moins. Preuve est faite qu’ASO n’a pas le même amour de ce sport que nous, les coureurs passionnés.

Et pour contredire le titre de cet article, non le running n’est pas réservé aux riches ! Une paire de baskets aux pieds, un coin de nature et c’est parti pour une belle sortie… Alors suivez moi…

Courir est réservé aux riches !

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