Après un dernier virage, tu aperçois la porte de Brandebourg. Tu vas bientôt passer en dessous et ce sera la ligne d’arrivée quelques centaines de mètres après. Soudainement, l’émotion te gagne et les larmes te montent aux yeux. C’est incontrôlable. Tout ça parce qu’il y a encore quelques heures, tu doutais sur tes chances de finir le marathon de Berlin à cause de cette maudite blessure au pied.

Le marathon de Berlin qui fait partie des 6 top major marathons du monde, avec New-York, Chicago, Boston, Londres et Tokyo. Cela aurait été vraiment dommage de ne pas finir. Surtout que tu as découvert une ville magnifique.

Jamais tu n’aurais pensé venir faire du tourisme à Berlin. Parce que c’est loin, là-bas tout au bout de l’Allemagne. Parce que les hivers sont rudes et les étés parfois suffocants. Parce que c’est une grande ville.

Alors finalement, le marathon était l’occasion d’associer ta passion à la découverte de la ville. Et au final, la visite vaut le coup.

 

 

 

 

 

En ce mois de septembre, les températures sont idéales et tempérées.

Arrivé le vendredi en fin de matinée, l’objectif est d’aller au village marathon pour récupérer le dossard. Ça se passe dans l’ancien aéroport de Berlin Ouest, l’aéroport Tempelhof qui a notamment permis d’établir un pont aérien entre Berlin Ouest et l’occident lors de la guerre froide.

Pour un village marathon, c’est un sacré village marathon ! Près de 190 stands. Plus grand que celui de New-York ! Vraiment impressionnant. Tu en oublies presque que tu as dû payer un supplément pour le tee-shirt de la course, avec un ours dessus, symbole de la ville.

Le samedi est consacré à la visite de la ville et tu ressens très vite les cicatrices de l’histoire. D’ailleurs, c’est une ligne continue de pavés au sol qui indique l’emplacement de l’ancien mur de Berlin. Et pour cause de propagande, tout ce qu’on trouvait à l’Ouest devait avoir son pendant à l’Est. La conséquence est qu’il n’y a pas un centre-ville mais plusieurs centres-villes. Ceci donne à la ville un étalement géographique impressionnant. Il faut dire aussi qu’Hitler voulait en faire la capitale Germania de son Reich et elle était dimensionnée pour 10 millions d’habitants alors qu’il n’y en a que 6 millions.

 

 

 

 

 

 

Autre particularité : chaque berlinois a un espace vert à moins de 500 mètres de chez lui. Et quand on dit espace vert, ce n’est pas le petit square ! Donc, le tout est aéré et très nature.

Au cours du séjour à Berlin, c’est indispensable de voir le Reichstag et son dôme de verre, puis d’aller admirer la porte de Brandebourg, l’équivalent de l’Arc de Triomphe de Paris. De la porte de Brandebourg, aller sur la Paviser Platz et remonter le boulevard Unter der Linder.

 Elle domine le ciel de la ville avec ses 368 m : la Tour de la télévision offre un panorama à 360°. Elle est située sur Alexanderplatz, la plus grande place de  l’Allemagne. Pas besoin de monter à pied, mais plutôt en utilisant son ascenseur express (40 secondes).

Si vous aimez Harrods à Londres, allez faire du shopping au KaDeWe. Plus de 60 000 m² de surface de vente. Derniers étages dédiés à l’alimentation qui en font la plus grosse cantine de la ville. Bien sûr, il faut admirer les étalages de saucisses de toutes les couleurs…

 

 

 

 

 

Au temps des deux Allemagnes, et de la séparation en deux de Berlin, il y avait des points de passage entre les 2 côtés : des checkpoints. Le plus célèbre est resté le Checkpoint C pour Charlie, dont ou peut voir une reconstitution.

Ici, à Checkpoint Charlie, il faut avoir conscience qu’une des plus grave

s crises de la guerre froide s’est déroulée le 25 octobre 1961. Les gardes-frontières de l’Est refusent le passage d’un fonctionnaire

américain, alors le gouvernement des Etats-Unis autorise l’escorte de la voiture. La réaction est immédiate : les soviétiques déploient trente chars. C’est la première fois depuis juin 1953 que des chars russes prennent position à Berlin-Est.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 16 heures de tête à tête, les chars américains et soviétiques se retirent. Même si cette démonstration de force est restée symbolique, cela aurait pu se terminer par une nouvelle guerre.

Si vous voulez voir un morceau de mur, il faut aller voir l’East Side Gallery et les derniers vestiges du mur. Car au moment de la réunification, les berlinois voulaient détruire complètement ce mur de la honte qui avait séparé des familles. Un mouvement a sauvé 1,3 km linéaire en proposant à des artistes de faire des fresques murales. Il y a plus de 100 peintures dont le fameux baiser fraternel de Honecker et Brejnev, respectivement présidents de l’Allemagne de l’Est et de l’URSS. C’est la symbolique du baiser qui tue les allemands de l’Est.

 

 

 

 

 

 

Tout ceci n’est qu’un extrait des choses à faire à Berlin et il y en a pleins d’autres.

Quant au marathon, il est réputé être très plat et tout le monde espère qu’un jour, le chrono mythique des moins de deux heures sera réalisé sur ce parcours.

L’ambiance monte aussi progressivement durant le weekend car le samedi est occupé par le mini marathon des enfants et le Roller marathon.

Dimanche, le départ a lieu Rue du 17 juin, pas loin du Reichstag et le long du Parc Tiegarten. Tu tournes le dos à la porte de Brandebourg et tu se laisses embarquer par une des trois vagues de départ, en fonction du chrono personnel donné aux organisateurs.

La première vague part à 9h15 et la dernière à 10h00.

Grosse ambiance sur la ligne de départ. Bonne musique stimulante et c’est parti direction la colonne de la Victoire qui culmine à 67 m. Les 42,2 km sillonnent dans la ville et passent à côté de certains monuments emblématiques comme la Tour de la télévision.

A cause de ta blessure au pied, tu es parti prudemment et finalement les kilomètres défilent sans casse. Tu fais le constat que tu as couru plus vite la deuxième moitié que la première. Cela s’appelle courir en « negative split ». Cette gestion de course permet d’éviter d’avoir le mur du 30ème km, ce qui aurait fait beaucoup avec celui de Berlin pour un seul weekend. Le chrono de 3h59 n’est pas exceptionnel mais pas ridicule avec un pied en vrac. Et comme tu le répètes toujours, ce qui compte, c’est de prendre du plaisir et de terminer.

L’arrivée se fait presque au point de départ, rue du 17 juin. Et ensuite, l’immense espace vert devant le Reichstag permet aux finishers de reprendre leurs forces, notamment en dégustant une bonne bière pression bien fraîche, sans alcool bien sûr.

Aus wiedersen Berlin, promis juré, on reviendra te visiter plus longtemps la prochaine fois car tu en vaux vraiment la peine…

Berlin, c’est bien ! Berlin ist gut !

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